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Char solaire celte et Oursin fossile

jeudi 29 juin 2017, par La Porte de Pierre

Cette monnaie d’or trouvée en Loire moyenne, est du II em siècle avant JC.

Elle représente une femme aurige, juste vêtue d’une jupe, montée sur un char dont seule une roue est figurée.
L’attelage est lancé au galop, et le vent de la course tend le gonfanon fixé à l’avant du char. Le cheval est visiblement effrayé par ce dernier.

Pour les historiens, il était d’usage de placer des gonfanons aux dessins effrayants à l’avant des chars. Ces derniers étaient ensuite lancés au galop contre la cavalerie adverse, afin d’en effrayer les chevaux, et donner ainsi l’avantage aux fantassins placés en embuscade.

Cela prouve une fois de plus que les femmes celtes occupaient des rôles complexes lors des combats.
L’usage de monter au combat nu ou en partie nu est une preuve de la confiance de ces hommes dans la vie après la mort.

Les historiens n’ont pas réussi à interpréter ce qu’ils appellent le "monstre" tentaculaire, en bas de la scène.
Cependant avec ses bras serpentiformes au nombre de 5, et son centre en forme de noyau, peut-être pouvons-nous faire un lien avec le thème de "l’œuf de serpents" et de l’oursin fossile, (oursin = 5 branches) si cher à la spiritualité druidique. Les bras tentaculaires deviennent alors la représentation d’un énergie radiante, et le noyau (représenté comme une coque s’ouvrant en deux pour libérer une graine) semble être équivalent à l’œuf cosmique dans la tradition indienne, enveloppe de l’embryon d’or couvé par l’oiseau cosmique. L’œuf détient les secrets des trésors de l’autre monde. Seuls ceux qui ont l’audace et le cœur pur peuvent le dérober et le ramener sur terre en veillant à ne pas regarder en arrière pour ne pas être changés en statue de sel. L’œuf évolue et libère des énergies, puis involue et donne un nouvel œuf, selon un cycle éternel.
L’œuf de serpent (en latin : ovum anguinum) est, chez les peuples celtes, l’objet d’une quête spirituelle comparable à celle de la pierre philosophale et du Graal. Des objets désignés par les anciens celtes comme des œufs de serpents ont été retrouvés et identifiés comme des oursins fossiles.

Sur un plan plus symbolique vers lequel nous entraine cet œuf cosmique, peut-être pouvons-nous interpréter l’ensemble de cette scène, comme la course du char solaire.
Souvenons-nous que le soleil est féminin et la lune masculin dans les langues celtes. La chevelure flamboyante de l’aurige ainsi que la crinière en flammèches du cheval vont dans ce sens. Le char solaire est alors lancé à la poursuite de la lune ou autour de la terre, représentées l’une ou l’autre sur le gonfanon. Les deux étoiles flottantes rattachées au gonfanon par des liens, l’une en haut l’autre en bas, représentent peut-être "l’étoile de Vénus" premier et dernier scintillement "d’étoiles" au coucher et au lever du soleil...
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Ma reproduction est sculptée sur une plaque de bois d’environ 55 cm de diamètre et 12 mm d’épaisseur, puis recouverte de dorure et enfin patinée au bitume de Judée.
Le tissu bleu que j’utilise pour la mettre en valeur, (couleur complémentaire du jaune), est un tissu "technique", résistant aux UV, aux moisissures et à l’humidité.
Fidèle à l’original de 2,5 cm, je n’ai fait évoluer que le visage, tout en lui conservant son caractère naïf, pour le rendre plus compatible avec une exposition artistique.